la chiralité PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jean Michel Niederberger   
La chiralité est la propriété d'un objet à trois dimensions non superposable à son image dans une symétrie par rapport à un plan. 
 
L'étymologie du mot fait référence au fait que la main droite et la main gauche, bien qu'images l'une de l'autre dans une symétrie par rapport à un plan, ne sont pas superposables.
 
La présence d'un carbone asymétrique dans une espèce chimique est une condition suffisante mais non nécessaire pour qu'elle soit chirale.
 
Deux molécules chirales, images l'une de l'autre, sont dites énantiomères (l’énantiomérie consiste en l'existence, pour une molécule, de deux structures, images l'une de l'autre dans une symétrie par rapport à un plan). Elles ont les mêmes propriétés chimiques excepté les réactions chimiques faisant intervenir le centre chiral.
Les molécules naturelles sont chirales pour la plupart, certaines formes étant privilégiées, comme la forme L chez les acides aminés.
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Or, lorsqu’on synthétise en laboratoire des acides aminés ou des glucides, qui sont des molécules chirales, on obtient toujours les deux formes possibles.
Malgré cette symétrie dans les éprouvettes, les organismes vivants de la planète Terre n’utilisent qu’une seule forme d’acide aminé, celle dite L (lévogyre), et une seule forme de sucre, celle dite D (dextrogyre). Comment un telle sélection s’est-elle produite entre deux types de molécules et surtout pourquoi ?
 
Les travaux du chimiste Richard Rosenberg et de ses collègues du Argonne National Laboratory ont produit une expérience ouvrant de nouvelles pistes intéressantes.
Ils ont bombardé un matériau magnétique sur lequel était adsorbé un mélange de deux types de molécules de butan-2-ol (CH3 – CHOH – CH2 – CH3) avec un faisceau de rayons X ionisant.
En modifiant la direction de l’aimantation du matériau magnétique avec un champ magnétique, ils ont pu produire un excès notable de molécules d’une chiralité donnée.
 
Or, on sait que les champs magnétiques, le fer et des rayonnements ionisants sont très répandus l'univers. Il n’est pas difficile d’imaginer que des molécules organiques issues de la chimie complexe du milieu interstellaire et dont on détecte la présence dans le cosmos aient pu être influencées par le mécanisme découvert par les chercheurs. Ce pourrait être le cas lorsque ces molécules sont piégées dans la glace recouvrant une poussière interstellaire riche en fer, à la surface d'une météorite, dans une comète où à la surface d’une planète par exemple.
Bien sûr, rien n’est encore prouvé mais cette découverte n’en constitue pas moins une piste de recherche intéressante pour les exobiologistes.
 
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