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Les dangers des radiofréquences ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par benoit marsat   
Le téléphone portable est-il dangereux ? Quels sont les effets des radiofréquences ? Quelles mesures faut-il adopter pour s'en protéger ?

C'est pour répondre à ces questions que l'AFSSET a mis à jour, le 15 octobre 2009, son expertise sur les radiofréquences.

Qu’est-ce que l’AFSSET ?

AFSSET = Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail.

L’AFSSET a pour mission de contribuer à assurer la sécurité sanitaire dans le domaine de l’environnement et du travail et d’évaluer les risques sanitaires qu’ils peuvent comporter. Elle fournit aux autorités compétentes toutes les informations sur ces risques ainsi que l’expertise et l’appui technique nécessaires à l’élaboration des dispositions législatives et réglementaires et à la mise en œuvre des mesures de gestion du risque


Quelles sont les utilisations des radiofréquences ?


Parmi les systèmes utilisant les radiofréquences, on peut citer :

·           La télé Vision analogique et numérique bande I (30 MHz - 87,5 MHz) bande II et III (136 MHz - 400 MHz)  et bande IV et V (470 MHz - 860 MHz)

·           La radio grandes ondes, ondes moyennes et ondes courtes (9 kHz - 30 MHz) et FM (87,5 MHz – 108 MHz)

·           Téléphonie mobile GSM 900 (880 MHz - 960 MHz), GSM 1800 (1710 MHz - 1880 MHz) et UMTS (1920 MHz -2170 MHz)

·           Téléphone sans fil de maison DECT (1880 MHz - 1900 MHz)

·           WIFI (2500 MHz)

 

Etudes des effets biologiques(1), épidémiologiques et cliniques

De manière générale, les effets biologiques des radiofréquences dont :

·         Jusqu’à 0,1 MHz : il s’agit des champs et courants pouvant entraîner la stimulation de tissus excitables (système nerveux et muscles).

·         Au-dessus de 10 MHz, l’absorption des radiofréquences devient prédominante et l’échauffement le mécanisme essentiel.

·         Aux fréquences intermédiaires, entre 0,1 MHz et 10 MHz, on peut observer un mélange des deux

phénomènes.
 
 
Dans la bande 9 kHz – 10 MHz (Cette bande de fréquence concerne la radio grandes ondes par exemple)

Peu d’études expérimentales et épidémiologiques sont disponibles concernant les effets des champs électromagnétiques de ces fréquences sur la santé.

On retient cependant la difficulté de caractérisation de l’exposition dans cette bande, et la nécessité d’entreprendre des études pilotes de caractérisation des sources d’émission avant de lancer des études épidémiologiques

 

Dans la bande 10 MHz - 400MHz (Cette bande de fréquence est dominée par les applications industrielles (par exemple : soudage) et médicales (par exemple : traitement de l’arythmie cardiaque auriculaire)).

 

En pratique, l’exposition réelle est souvent inconnue parce qu’hétérogène dans le temps et dans l’espace. Ceci entraîne de sévères limitations pour les enquêtes épidémiologiques que l’évolution des méthodes de modélisation et de calcul a cependant réduites dans les années récentes et que l’utilisation d’exposimètres multi-bandes individuels devrait améliorer.

À l’heure actuelle, d’importants travaux portant sur la dosimétrie dans ces bandes de fréquences sont entrepris.

Les résultats des études peu nombreuses menées dans cette gamme de fréquence sont contradictoires. Ces résultats portent sur le système cardio-vasculaire (variabilité de la fréquence cardiaque par exemple) , le système nerveux (anomalie de répartition des bandes de fréquences de l’électroencéphalogramme et de l’électrocardiogramme par exemple), ou encore les effets sur l’apoptose (mort cellulaire)

 

Pour les fréquences supérieures à 400 MHz (Cette bande de fréquence concernent notamment les usages de la téléphonie mobile et du WIFI)

De nombreuses études sont parues aux cours de ces dernières années. Cependant, une proportion importante des études analysées présente des lacunes méthodologiques, le plus souvent dans la partie physique (évaluation de l’exposition), mais aussi, parfois, dans la partie biologie.

Le nombre important des travaux présentant des lacunes méthodologiques s’explique par le fait que les expériences visant à rechercher les effets des radiofréquences sont justement construites de manière à mettre en évidence des effets faibles et s’appuient donc sur des variations de systèmes biologiques très sensibles susceptibles d’artefacts.

 

D’après les analyses systématiques qui ont été faites dans le cadre de cette expertise, il apparaît que :

·         sur les 182 études qui ont été réalisées in vivo sur l’animal, et in vitro :

  • 82 études trouvent des effets biologiques, mais seules 9 sont véritablement rigoureuses. Ces effets concernent principalement des fonctions cellulaires observées in vitro (apoptose, endocytose (mécanisme de transports qui permet à de grosses molécules de pénétrer dans la cellule), potentialisation du stress oxydatif, etc.)
  • 100 études ne trouvent pas d’effets biologiques, mais seules 69 sont véritablement rigoureuses.
 

·         sur les 44 études qui ont été réalisées l’humain

  • 20 études trouvent des effets biologiques, mais seules 2 sont véritablement rigoureuses. Ces effets concernent le débit sanguin cérébral
  • 24 études ne trouvent pas d’effets biologiques, mais seules 17 sont véritablement rigoureuses.
 

Si certains effets biologiques ont été mis en évidence, aucun mécanisme clair d’interaction onde-cellule n’a cependant été identifié pour des niveaux d’exposition non thermiques.


Conclusions p
our les fréquences supérieures à 400 MHz :

Il n’existe pas un niveau de preuve suffisant pour conclure que les radiofréquences supérieures à 400 MHz :

  • modifieraient les grandes fonctions cellulaires telles que
    • i) l’expression génique;
    • ii) la production de radicaux libres oxygénés (ROS) ;
    • iii) l’apoptose notamment des cellules d’origine cérébrale (provenant de gliome ou de neuroblastome humains) les plus exposées en cas d’utilisation d’un téléphone mobile ;
  • seraient un facteur de stress pour les cellules. Les seuls effets de stress observés sont des effets thermiques associés à des niveaux d’exposition élevés ;
  • provoqueraient des effets génotoxiques ou co-génotoxiques reproductibles à court ou à long terme et seraient mutagènes dans les tests de mutagénèse classiques ;
  • provoqueraient chez l’animal l’augmentation d’incidence ou l’aggravation de cancers, en particulier pour des expositions chroniques. Les résultats convergent donc vers une absence d’effet cancérogène ou co-cancérogène des radiofréquences pour des expositions non thermiques ;
  • auraient des effets délétères sur le système nerveux, que ce soit en termes de cognition et de bien-être, en termes d’intégrité de la barrière hémato-encéphalique ou en termes de fonctionnement cérébral général ;
  • auraient des effets susceptibles d’affecter le fonctionnement du système immunitaire ;
  • auraient un impact sur la reproduction et le développement d’après les études les plus récentes et les mieux paramétrées. Cependant, les résultats ne sont pas homogènes, et plusieurs études devraient être répliquées dans des conditions d’expérimentation fiables, avec notamment des données dosimétriques ;
  • auraient des effets délétères sur le système cochléo-vestibulaire après une exposition aiguë.
  • perturberaient le système cardio-vasculaire, en particulier la régulation de la pression artérielle et du rythme cardiaque ; auraient un effet délétère sur le système oculaire ;
  • modifieraient le taux de mélatonine chez l’homme.
 
 

Hypersensibilité électromagnétique

Personne ne peut contester aujourd’hui la réalité du vécu des personnes qui attribuent leurs symptômes à l’exposition aux radiofréquences. Mais, aucune preuve scientifique d’une relation de causalité entre l’exposition aux radiofréquences et l’hypersensibilité électromagnétique n’a pu être apportée jusqu’à présent.

Un faisceau d’indices concordants a été recueilli, suggérant fortement que des facteurs neuro-psychiques individuels interviendraient, au moins en partie, dans le développement de l’hypersensibilité

électromagnétique.
 

Effets des radiofréquences sur les enfants

Une partie de la population nourrit des craintes quant aux effets des champs électromagnétiques radiofréquences sur la santé des foetus, des enfants et des adolescents. Ces craintes sont justifiées par l’utilisation de plus en plus précoce des techniques de communication sans fil, par la durée bien plus longue de l’exposition à laquelle ces enfants seront soumis et par la vulnérabilité supposée plus grande de leurs tissus.

Des études et recherches dosimétriques spécifiques ont été réalisées ou sont actuellement en cours. Leurs premiers résultats ne sont pas homogènes. Ces études doivent être poursuivies.

Des limitations d’ordre éthique évidentes font que les études et expérimentations impliquant la participation directe d’enfants ont été peu nombreuses et resteront peu nombreuses. Certaines ont mis en évidence une amélioration des performances cognitives qui reste à répliquer. Les recherches expérimentales sur l’animal ont été un peu plus nombreuses. Mais l’extrême diversité des modèles utilisés et les lacunes méthodologiques de la plupart de ces études ne permettent pas de formuler une conclusion cohérente sur le sujet. Ces recherches expérimentales doivent être poursuivies. Par ailleurs, une étude épidémiologique cas-témoin sur les tumeurs cérébrales de l’enfant est en cours.



(1) Un effet biologique commence dès lors qu’une modification du fonctionnement d’une cellule ou d’une fonction biologique a pu être observée, in vitro typiquement, voire in vivo. Il ne signifie pas forcément qu’il entraîne un dommage et encore moins qu’il se traduise par une altération de la santé. Le corps humain est soumis en permanence à un ensemble de stimuli internes et externes, entraînant éventuellement des réactions biologiques d’adaptation, ayant un impact sur les cellules, le fonctionnement des organes et la santé. Un impact sur la santé n’intervient que lorsque des effets biologiques entraînés par une agression dépassent les limites d’adaptation du système biologique considéré. On parle alors d’effet sanitaire.

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Mise à jour le Lundi, 26 Octobre 2009 14:55